Depuis le début de l’été 2026, la régie Lignes d’Azur, qui gère les transports publics de la Métropole Nice Côte d’Azur, se retrouve au cœur d’une véritable tempête judiciaire. Plusieurs plaintes et signalements visent la direction et certains cadres, avec des accusations d’emplois fictifs, d’abus de biens sociaux et de détournements de fonds publics. Les syndicats et les lanceurs d’alerte réclament des comptes, tandis que la directrice générale a été suspendue à titre conservatoire. Voici ce que l’on sait de ce dossier qui ébranle l’entreprise et ses 1 800 salariés.
Tempête judiciaire à Lignes d’Azur : les faits reprochés à la direction
Le parquet de Nice a reçu plusieurs plaintes, tout comme le procureur général d’Aix-en-Provence et la chambre régionale des comptes. Des signalements ont également été transmis au Parquet national financier. Les motifs sont graves : emplois fictifs, détournement de fonds publics, prise illégale d’intérêts et heures de délégation syndicale injustifiées.
Dans le viseur des plaintes, la rémunération d’un directeur adjoint. Selon les informations révélées par Nice-Matin, ce cadre cumulerait plus de 160 000 euros brut par an, le salaire le plus élevé de toute la régie. Son contrat prévoyait aussi un véhicule de fonction avec carburant et péages illimités, des frais de déplacement et des trajets vers la Corse. Une reprise d’ancienneté de 14 ans aurait même été intégrée, alors qu’il travaillait auparavant pour une autre entreprise.
Des centaines d’heures de délégation syndicale en question
Les lanceurs d’alerte pointent aussi des centaines d’heures de délégation syndicale injustifiées. Le préjudice est estimé à 200 000 euros. Des reports de congés payés jusqu’à la fin de contrat, pour en percevoir la rémunération, auraient également été constatés. Une pratique illégale, selon l’un des lanceurs d’alerte cité par nos confrères.
Le dépôt de bus de Drap servirait, quant à lui, de garage privé pour réparer des véhicules personnels et facturer des prestations en toute illégalité. Des salariés se mettraient volontairement en arrêt maladie pour exercer une autre activité rémunérée, certains allant jusqu’à faire chauffeur VTC. Le taux d’absentéisme atteint 8,7 % en 2025, un niveau jugé record par la direction.
La directrice générale suspendue, un management toxique dénoncé
La directrice générale de Lignes d’Azur a été suspendue à titre conservatoire depuis le 8 juillet 2026. Une procédure de licenciement pour insuffisance professionnelle a été engagée contre elle. Les témoignages internes décrivent un management toxique, une politique de réserve systématique et des contre-visites médicales imposées aux salariés.
Bertrand Gasiglia, le nouveau président de la régie, a indiqué qu’il devait recevoir la directrice générale le 1er septembre. Il souhaite « aller au fond » et régler ces difficultés. Les plaintes déposées à Nice n’ont pas encore été enregistrées par le parquet, précise le procureur de la République Damien Martinelli. La procédure suit son cours, mais l’entreprise reste sous le coup de plusieurs enquêtes.
Les lanceurs d’alerte et les syndicats demandent des comptes
L’avocat de l’association AC !!! Anticorruption, à l’origine d’une plainte, dénonce des rémunérations anormalement élevées et des avantages induits. Les syndicats réclament la transparence et la fin de ce qu’ils appellent une « chasse aux sorcières » envers les salariés qui témoignent.
Les irrégularités reprochées à Lignes d’Azur sont multiples :
- 🚨 Soupçons d’emplois fictifs au sein de la direction
- 💰 Détournement de fonds publics et prise illégale d’intérêts
- 📋 Heures de délégation syndicale injustifiées à hauteur de 200 000 euros
- 🚗 Réparations de véhicules personnels facturées dans le dépôt de bus
- 🕒 Arrêts maladie abusifs et cumuls d’activités illégaux
- ⚖️ Harcèlement moral et management toxique dénoncés par les cadres
Cette tempête judiciaire intervient dans un contexte où la régie doit assurer la continuité du service public de transport. Les usagers attendent des explications, et les salariés, une clarification rapide. L’entreprise, elle, cherche à rétablir son image tout en faisant face à la justice.
Une enquête qui interroge la gestion de l’entreprise publique
L’affaire Lignes d’Azur dépasse le simple cadre local. Elle pose des questions sur la gouvernance des entreprises publiques et sur les mécanismes de contrôle internes. Comment de tels abus ont-ils pu passer inaperçus pendant des années ? Les audits externes et les rapports de la chambre régionale des comptes vont devoir déterminer l’étendue des pratiques frauduleuses.
Les administrateurs de la régie, les élus de la Métropole et les associations de contribuables suivent de près les développements de l’enquête. Le préjudice financier pour la collectivité pourrait être significatif. Les détournements présumés et les rémunérations excessives pèseraient sur le budget déjà contraint de l’opérateur de transport.
Un procès en transparence pour la régie niçoise
La pression médiatique et judiciaire incite la direction à réagir. Le nouveau président l’assure : des procédures disciplinaires seront engagées contre les salariés fautifs. Mais les lanceurs d’alerte, eux, demandent des comptes sur la gouvernance et sur la culture du secret qui régnait au sein de l’entreprise.
La justice devra déterminer si les faits dénoncés constituent bien des délits pénalement répréhensibles. Les plaintes pour détournement de fonds publics, prise illégale d’intérêts et harcèlement moral sont désormais entre les mains des magistrats. La tempête judiciaire ne fait probablement que commencer.
Pour les salariés de Lignes d’Azur, l’heure est à l’inquiétude. Ils redoutent que la réputation de l’entreprise ne nuise à l’ensemble du personnel, alors que la majorité d’entre eux exerce son métier avec sérieux. Une chose est sûre : l’enquête en cours déterminera si les dirigeants impliqués devront répondre de leurs actes devant la justice.

Journaliste pendant dix ans en presse régionale, il a basculé vers le droit social après avoir lui-même vécu un licenciement contesté. Il traduit les textes de loi en phrases que n’importe quel salarié comprend. Son moteur : que chacun sache exactement ce qu’il peut réclamer.