🚗 Utiliser sa voiture de fonction pour BlaBlaCar : un risque sérieux pour votre carrière
Un cadre utilise sa voiture de fonction pour publier des trajets sur BlaBlaCar. Il effectue 112 trajets en quatre ans. Les prud’hommes lui accordent 31 650 euros après son licenciement. La cour d’appel de Rennes annule tout en 2018. Cette décision reste une référence.
Votre emploi peut-il basculer pour quelques euros ? La réponse dépend de plusieurs règles précises. Voici ce qu’il faut vérifier avant de partager un trajet avec une voiture de fonction.
🚗 Utiliser sa voiture de fonction pour BlaBlaCar : un risque professionnel avéré
En 2018, un salarié est licencié pour avoir utilisé son véhicule professionnel sur BlaBlaCar. Il n’avait pas informé son employeur. Il percevait des paiements réguliers. La responsabilité de l’entreprise était engagée, notamment en raison d’une assurance inadaptée.
La cour d’appel de Rennes a considéré que ce covoiturage payant constituait une faute. Le salarié a perdu ses indemnités. Cette affaire illustre un danger réel pour votre carrière. La règlementation française est stricte sur l’usage des biens de l’entreprise.
⚠️ La voiture de fonction ne vous appartient pas. Son usage privé est un privilège accordé par l’employeur. L’utiliser pour une activité rémunérée sort de ce cadre. Vous devez toujours vérifier les règles internes avant de proposer un trajet.
⚖️ Règlementation et voiture de fonction : les règles à connaître avant de covoiturer
Aucun texte n’interdit expressément le covoiturage avec un véhicule d’entreprise. En revanche, l’article L. 3132-1 du Code des transports encadre cette pratique. Le partage des frais est autorisé. Le bénéfice, lui, est interdit.
Si l’employeur paie le carburant, les péages et l’assurance, votre demande de participation peut devenir un profit. La responsabilité civile et disciplinaire du salarié est alors engagée. Une simple erreur d’appréciation peut coûter votre emploi.
Voiture de fonction ou véhicule de service : quelle différence pour votre emploi ?
La distinction est essentielle. Un véhicule de service est réservé aux déplacements professionnels. Sauf autorisation écrite, son usage privé est interdit. La voiture de fonction constitue un avantage en nature. Elle peut être utilisée pour vos trajets personnels.
Cette autorisation d’usage privé ne couvre pas le transport de passagers contre paiement. Pour faire du covoiturage, il faut un accord exprès de l’employeur. Un accord verbal ne suffit pas. Un écrit protège les deux parties.
Le partage des frais selon le Code des transports
Les articles R. 3132-2 et R. 3132-3 précisent le calcul des frais partagés. Ils tiennent compte des dépenses réelles du déplacement. Le conducteur ne doit pas encaisser plus que ses débours.
Imaginez Marc, commercial dans une PME. Il paie lui-même l’essence de sa voiture de fonction. Il propose un trajet Bordeaux-Nantes. L’usure du véhicule, l’assurance et la décote sont supportées par son employeur. Ses gains dépassent ses dépenses réelles. Son covoiturage devient lucratif aux yeux des juges.
📝 Assurance et responsabilité : ce que couvre votre contrat
L’article L. 211-1 du Code des assurances impose une couverture minimale pour tout véhicule. Cette garantie couvre les dommages causés aux tiers et aux passagers. Mais elle ne couvre pas tous les usages.
La règlementation des assurances distingue le transport bénévole du transport rémunéré. Un passager qui paie une place peut changer la nature du contrat. Si l’assureur découvre un covoiturage non déclaré, il peut refuser de garantir le sinistre. L’employeur subit alors un recours financier important.
Dans l’affaire de Rennes, le véhicule n’était pas assuré pour ce type de transport. Le salarié avait exposé son entreprise à un risque majeur. La cour d’appel a jugé ce comportement fautif.
✅ Avant de publier un trajet, demandez à votre employeur de vérifier la couverture d’assurance du véhicule. Cette vérification est rapide et évite de lourdes conséquences.
⚠️ Sanctions, preuves et vie privée : jusqu’où va le contrôle de l’employeur ?
L’article L. 1331-1 du Code du travail permet à l’employeur de sanctionner un agissement fautif. La sanction peut aller jusqu’au licenciement. L’article L. 1232-1 exige une cause réelle et sérieuse.
Un seul trajet peut-il justifier un licenciement ? Oui, en théorie. Tout dépend des circonstances. La distance parcourue, la somme encaissée, le caractère répétitif et l’absence d’assurance sont examinés par les juges.
📱 L’employeur peut consulter un profil public que vous avez créé sur une plateforme. Il peut aussi faire constater les annonces par un commissaire de justice. En revanche, il ne peut pas suivre votre vie privée de manière disproportionnée. La preuve doit être obtenue loyalement.
Maître Adrien Camus rappelle que la preuve est libre aux prud’hommes. Mais une surveillance excessive de la vie privée pourrait vous protéger. Cette protection ne vaut pas si vous rendez vos trajets publics sur un réseau social.
💶 Quels réflexes adopter pour protéger votre emploi ?
Avant de gagner quelques euros avec BlaBlaCar, prenez le temps de vérifier chaque point. Cette liste vous évite une sanction disciplinaire ou un licenciement.
- ✅ Obtenir un accord écrit de l’employeur pour le covoiturage.
- ✅ Vérifier que votre assurance professionnelle couvre cette activité.
- ✅ Calculer strictement le partage des frais (carburant, péages) sans dégager de bénéfice.
- ✅ Consulter le règlement intérieur de l’entreprise sur l’usage du véhicule.
- ❌ Ne jamais utiliser un véhicule de service pour un déplacement personnel.
- ❌ Ne pas déduire du silence de l’employeur une autorisation tacite de covoiturer.
Un trajet sur BlaBlaCar peut rapporter une vingtaine d’euros. Une erreur peut coûter une place. L’éthique professionnelle exige de respecter les biens de son entreprise.
En cas de litige, l’article L. 1333-1 du Code du travail prévoit que tout doute profite au salarié. Cette garantie ne vous protège pas si vous cachez votre activité. La transparence et l’accord préalable demeurent vos meilleures protections pour votre carrière.

Journaliste pendant dix ans en presse régionale, il a basculé vers le droit social après avoir lui-même vécu un licenciement contesté. Il traduit les textes de loi en phrases que n’importe quel salarié comprend. Son moteur : que chacun sache exactement ce qu’il peut réclamer.