En septembre 2025, une caissière de Leroy Merlin au Pays basque a été licenciée après le vol de 550 euros dans sa caisse. L’affaire a pris une tout autre dimension quand les juges espagnols ont annulé ce licenciement, évoquant une discrimination liée à l’aménagement du temps de travail. Voici ce que révèle ce conflit au travail, suivi par le média Noticias Trabajo.
Leroy Merlin : un vol de 550 euros dans la caisse et une salariée licenciée après 21 ans de service
Employée dans un magasin Leroy Merlin de la région de Bilbao, cette salariée bénéficiait depuis 2011 d’une réduction de son temps de travail pour raisons familiales. En juillet 2025, son employeur avait validé une nouvelle prolongation, portant cette réduction à 23,87 %. Un accord signé le 1er juillet, quelques mois avant le drame.
Le 25 septembre, deux clients s’approchent de sa caisse. L’un d’eux paie un paquet de pinces à linge à 1,09 euro, pendant que son complice s’empare discrètement d’une liasse de billets. La caissière ne remarque rien sur le moment. Ce n’est qu’à la fermeture, à la fin de son service, qu’elle constate la disparition des 550 euros.
Un protocole de sécurité impossible à respecter dans la confusion
Le protocole exigé par Leroy Merlin prévoit qu’un employé doit fermer sa caisse immédiatement en cas d’incident. Mais dans la bousculade du passage aux caisses, cette salariée n’a pas identifié le vol. Les images de vidéosurveillance montrent clairement les deux clients en train de dérober les billets.
Malgré ces preuves, la direction a choisi de se retourner contre sa propre employée, la soupçonnant de complicité. Licenciée pour faute grave après 21 ans de service, elle a décidé de contester. Personne n’imagine alors qu’elle obtiendra gain de cause devant deux juridictions.
Justice espagnole : le licenciement annulé et Leroy Merlin condamné à verser 10 001 euros
Le tribunal de première instance a donné raison à la caissière, et la cour d’appel a confirmé ce jugement en 2026. Les juges ont relevé que la salariée était victime d’une discrimination en raison de son emploi du temps. Depuis 2011, elle demandait des aménagements pour concilier vie familiale et vie professionnelle. Pour les magistrats, le licenciement présentait un lien direct avec cette situation.
L’entreprise Leroy Merlin n’a jamais pu prouver que cette mesure était étrangère à la réduction de temps de travail. La conséquence est lourde : le licenciement a été annulé, le magasin doit verser 10 001 euros de dommages et intérêts et réintégrer la salariée au sein de ses effectifs.
Les ressources humaines face à leur responsabilité
Ce conflit au travail pose une question centrale : comment une enseigne aussi structurée que Leroy Merlin peut-elle licencier une employée pour un vol commis par des clients ? La direction avait pourtant accès aux images de vidéosurveillance. Mais le service des ressources humaines a choisi de privilégier la sanction immédiate plutôt que la vérification des faits.
Cette affaire rappelle que les salariés bénéficiant d’aménagements d’emploi sont parfois perçus comme des employés à moindre engagement. Un préjugé lourd de conséquences, surtout après 21 ans de service sans aucun antécédent disciplinaire.
Ce que chaque salarié doit retenir de cette affaire
Les droits des travailleurs ne s’arrêtent pas à la porte du magasin. Cette caissière a gagné parce qu’elle n’a pas accepté l’inacceptable. Voici les points essentiels de cette décision judiciaire :
- 🔒 Un vol commis par un tiers ne justifie pas automatiquement un licenciement.
- ⚖️ La discrimination liée au temps de travail est un motif d’annulation de licenciement.
- 📸 Les images de vidéosurveillance peuvent innocenter un employé, encore faut-il qu’elles soient examinées avec impartialité.
- 💶 Les dommages et intérêts peuvent atteindre des sommes significatives, ici 10 001 euros.
- 🔄 La réintégration du salarié est une sanction prévue par la loi espagnole en cas d’annulation.
Rien ne serait arrivé si la direction du magasin avait pris le temps d’analyser les faits. Ce cas montre une nouvelle fois que la précipitation d’un employeur peut coûter cher, bien plus cher que les 550 euros dérobés ce jour-là.
Leroy Merlin et la gestion des conflits au travail : un précédent inquiétant
Cette décision judiciaire inquiète les grandes enseignes. Si la discrimination est reconnue à partir de la seule chronologie des faits, les employeurs devront redoubler de vigilance dans leurs pratiques internes. Les responsables des ressources humaines devront prouver que leurs décisions ne sont pas liées à la situation personnelle d’un employé.
Pour la salariée, c’est un retour au magasin très attendu. Après une épreuve de plusieurs mois, elle retrouve son poste et son ancienneté. Une victoire symbolique pour toutes les personnes qui subissent un licenciement après des années de travail, au sein de Leroy Merlin ou ailleurs.

Journaliste pendant dix ans en presse régionale, il a basculé vers le droit social après avoir lui-même vécu un licenciement contesté. Il traduit les textes de loi en phrases que n’importe quel salarié comprend. Son moteur : que chacun sache exactement ce qu’il peut réclamer.